Le thème de la semaine de la santé mentale cette année est « Agir pour donner du sens ».

À l’Institut de Psychologie Contextuelle, ce thème est au centre de notre travail depuis toujours. Nous utilisons la thérapie d’acceptation et d’engagement ou l’entrainement à l’acceptation et à l’engagement (ACT) pour aider à redonner du sens à la vie des personnes qui font face à la souffrance.

Des recherches sur le langage humain nous apprennent que le fonctionnement normal de notre intelligence nous rend vulnérables à la souffrance humaine. Certes, notre intelligence a changé l’existence de l’humanité en permettant d’innombrables progrès technologiques. Le côté obscur de cette force est que cette intelligence a le pouvoir de nous rendre vulnérables à la souffrance mentale. Les histoires que nos têtes nous racontent ont le pouvoir de changer le monde à l’extérieur de notre peau et, d’autres parts, générer une radio-catastrophe qui peut venir pourrir notre existence en aspirant notre attention dans le passé et le futur.  Cette radio-catastrophe annonce des dangers apparemment aussi souffrants que si nous cohabitions avec un ours affamé. Ainsi, notre mental « ment » parfois et l’ACT nous invite à entrainer notre présence attentive pour mieux reconnaître la différence entre être en présence d’une histoire d’ours et être en présence d’un véritable ours.

Le problème, c’est que les histoires d’ours font souvent aussi peur que le véritable ours et nous pouvons nous retrouver coincés dans une vaine lutte contre la souffrance mentale. L’ACT met en lumière que les tentatives (bien compréhensibles) pour lutter ou contrôler sa souffrance intérieure (ce que l’on nomme « évitement expérientiel ») sont présentes dans la grande majorité des troubles mentaux. L’évitement expérientiel peut devenir un mode par défaut, un pilote automatique qui peut causer des difficultés de fonctionnement. Cette lutte peut prendre plusieurs formes : évitement de situations, consommation excessive d’alcool, de nourriture, de drogues, de jeux, d’internet, d’inaction pour éviter de souffrir, des actions impulsives, etc. Le but de l’ACT est d’entrainer la flexibilité psychologique qui va permettre de mieux reconnaître les pièges du langage et des histoires que nous racontent nos têtes en gardant le cap sur ce qui a du sens pour soi dans la vie.

La flexibilité psychologique a été définie par Hayes, Luoma, Bond, Masuda et Lillis en 2006 comme « l’habileté de contacter pleinement le moment présent et les pensées et émotions qu’il contient sans défenses inutiles, et, dépendant de ce que la situation offre, persister ou changer de comportement dans la poursuite de ses objectifs et valeurs » (traduction libre). Ainsi, la souffrance mentale serait associée à un manque de flexibilité psychologique. Cette façon particulière d’expliquer la souffrance humaine, non pas comme une maladie, mais plus comme un effet secondaire inévitable de l’intelligence humaine, peut contribuer à réduire la stigmatisation des personnes aux prises avec des troubles de santé mentale. Selon de récentes études, entrainer la flexibilité psychologique réduirait la stigmatisation tant chez les professionnels de la santé mentale que chez les personnes affectées par des troubles mentaux.. Et lorsque les personnes souffrantes se jugent moins, elles peuvent plus aisément aller chercher du soutien et développer des stratégies qui vont les aider à faire ce qui est important dans leur vie.

Il peut sembler surprenant de dire que c’est en ne cherchant pas à réduire la souffrance humaine que l’ACT permet aux personnes de mieux naviguer les défis de la vie, mais c’est ainsi qu’elle permet de réduire la couche de souffrance et de désespoir qui vient avec le fait de vivre emprisonné.e dans une lutte futile.

De notre perspective, c’est en normalisant la souffrance et en lui faisant une petite place dans notre société et dans nos cœurs que nous pourrons mieux canaliser nos forces individuelles et collectives pour mettre nos valeurs en actions. Cette semaine, nous vous invitons à cultiver la bienveillance face à la souffrance humaine et à donner du sens à cette précieuse vie à travers vos actions.

Nous vous invitons à visionner ce vidéo mis sur pied par l’Institut de Psychologie Contextuelle dans le cadre de la Semaine de la santé mentale.


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