Si la fessée ne marche pas, comment être un parent qui a de l’autorité sur ses enfants?

Par Benjamin Schoendorff

Régulièrement, le sujet revient sur la table. Dès que l’on parle des comportements problématiques des enfants et des ados, les protestations visant les interdictions légales de frapper ses enfants s’élèvent. Selon un rapport de l’UNICEF de 2014, dans le monde entier, 80 % des parents utilisent la fessée pour discipliner leurs enfants. Pour prendre la mesure de la popularité de la fessée, il n’y a qu’à lire les commentaires de toutes discussions sur ce sujet sur Internet. Si on interdit la fessée, comment les parents pourront-ils contrôler les comportements  problématiques de leurs enfants?

Dans une étude publiée en août 2016 dans le Journal of Family Psychology, des chercheurs ont analysé 75 études couvrant 50 années et plus de 150 000 enfants. Le résultat est sans appel : la fessée n’est pas efficace pour discipliner ses enfants. En effet, si une fessée cesse un comportement problématique dans l’instant, à long terme les comportements de défiance empirent, ainsi que les comportements antisociaux, l’agression, les problèmes de santé mentale et les difficultés cognitives. « En tant que société, nous considérons que la fessée et les violences physiques sont distinctes alors que notre étude démontre que la fessée est associée aux mêmes conséquences que l’abus physique, juste un peu moins intenses. » déclare Dr. Elizabeth Gershoff, auteure principale de cette étude.

Alors que faire pour discipliner les enfants autrement qu’en utilisant la fessée? La recherche comportementale démontre que les conséquences positives aux comportements désirés sont bien plus efficaces pour modifier les comportements dans un sens voulu que les conséquences négatives données aux comportements problématiques. Mais en pratique, que font les parents? Les recherches sur les styles parentaux identifient trois styles principaux : autoritaire, permissif et démocratique.

Les parents autoritaires imposent des règles qui ne souffrent pas d’exception, ont des attentes rigides et utilisent largement les conséquences négatives face à des comportements qu’ils jugent inappropriés. C’est souvent eux qui ont recours à la fessée. Ils n’encouragent pas la résolution de problèmes ni l’autonomie de leurs enfants.

Les parents permissifs ont de la difficulté à poser des limites à leurs enfants et expriment peu d’attentes. Ils sont réticents à utiliser les conséquences avec leurs enfants. Ils cherchent souvent à s’en faire les amis et ont tendance à éviter à tout prix la confrontation. Leurs enfants sont souvent amenés à résoudre leurs problèmes seuls, pas toujours au mieux.

Les parents démocratiques posent des limites et expriment des attentes de manière flexible. Ils expliquent ce qui motive leurs limites et leurs attentes et sont ouverts aux opinions de leurs enfants, sans pour autant laisser les rôles se confondre. Ils utilisent en grande majorité les conséquences positives et n’ont pas recours à la violence. Ils encouragent l’autonomie tout en soutenant leurs enfants au besoin.

Notons qu’en pratique, ces catégories ne sont pas absolues et que de nombreux parents passent d’un style à l’autre. Un cycle est toutefois commun et nocif : il s’agit de l’enchaînement des styles autoritaire et permissif. Ce cycle implique que les parents essayent d’imposer des règles rigides avant de baisser complètement les bras, voire se désengager quand leurs enfants résistent.

Pour finir, le style parental associé au meilleur développement émotionnel, cognitif et social des enfants ainsi qu’aux meilleures relations parents-enfants est le style démocratique. Comment devenir un parent démocratique? Dans un prochain blog, nous reviendrons sur un ensemble de pratiques qui aident à devenir et rester un parent démocratique qui n’a aucun besoin de recourir à la fessée. Vous verrez aussi en quoi la flexibilité peut aider à devenir un parent démocratique. Et vous constaterez qu’il n’y a nul besoin d’y arriver parfaitement à chaque fois pour que cela fonctionne!