Fatigué d’être l’esclave de vos obsessions ?

Cet article examine 5 mythes sur le trouble obsessionnel-compulsif (TOC).

Il n’est pas rare d’entendre dire en plaisanterie que les personnes qui aiment garder leur cuisine impeccable et chaque ustensile à sa place ont un TOC. Mais le Trouble Obsessionnel Compulsif n’est pas une affaire de préférence : aimer avoir une cuisine immaculée ou bien détester les bactéries. Le TOC est une envie compulsive d’effectuer certaines choses : vérifier, compter, nettoyer, aligner certains objets d’une certaine manière ou se confesser. Être prisonnier de ces comportements compulsifs peut être l’une des expériences les plus douloureuses qui soit et entendre des plaisanteries à ce sujet peut blesser profondément.

Les études montrent que le TOC se combat rarement seul. Alors soyons clair : la lecture d’un article de blog ne va pas vous en libérer. Vivre avec un TOC ne veut pas dire que vous êtes défectueux ou brisé. Cela signifie simplement que si vous souffrez d’un TOC et nous vous recommandons de solliciter une aide professionnelle.

Clarifions tout d’abord la différence entre obsessions et compulsions. Les obsessions sont des pensées intrusives, qui surgissent souvent à l’improviste. Elles peuvent s’accompagner d’une anxiété intense et d’un impérieux besoin de d’engager certaines actions telles que nettoyer, compter, vérifier ou se confesser. Les obsessions peuvent être si douloureuses et effrayantes que les personnes vivant avec un TOC vont souvent chercher à se faire rassurer par leurs proches, parfois de façon compulsive. Donc, l’obsession est une pensée intrusive incontrôlée et la compulsion ce que l’on entreprend pour faire disparaître cette obsession.

Cinq mythes sur le TOC

1.    Le TOC, c’est un choix

2.    Vous devez vous débarrassez de vos obsessions et de votre anxiété pour vivre la vie que vous voulez

3.    Vous ne pouvez pas contrôler vos obsessions et compulsions

4.    La meilleure façon de vous débarrasser du TOC, c’est de vous retenir de faire vos compulsions

5.    Vous êtes votre TOC

 1. Le TOC, c’est un choix

On ne choisit pas d’avoir des obsessions. Pas plus qu’on ne choisit de se livrer à des compulsions. Certaines personnes sont tout simplement plus vulnérables au TOC. Et elles se sentent souvent isolées, seules, incomprises et honteuses. Rien ne sert de leur répéter qu’elles devraient prendre sur elle et faire un effort.

2.Vous devez vous débarrassez de vos obsessions et de votre anxiété pour vivre la vie que vous voulez

L’idée qu’avoir des obsessions est mauvais et que l’anxiété doit être combattue nourrit le TOC. Après tout, vos compulsions ont pour but de vous soulager de votre anxiété et de vos obsessions. Le plus souvent ça fonctionne—du moins à court terme—mais le piège est que cela nourrit la boucle obsessionnelle-compulsive et vous garde prisonnier. Même si c’est dur à croire, vous pouvez apprendre à vivre avec toutes vos pensées et tous vos ressentis. Et il existe une approche qui peut vous y aider : la thérapie d’acceptation et d’engagement.

3. Vous ne pouvez pas contrôler vos obsessions et compulsions

Cette affirmation n’est qu’un demi-mythe. Si vous pensez qu’il vous faut contrôler vos pensées et vos émotions, vous risquez de vous retrouver coincé. Essayez de ne pas penser à un éléphant pendant 30 secondes. Ou encore imaginez que vous êtes connecté à une machine qui vous enverrai une décharge électrique mortelle au premier signe d’anxiété. Combien de temps survivriez-vous ? Mais il n’en reste pas moins qu’avec une bonne pratique et un bon thérapeute, vous pouvez apprendre à contrôler vos compulsions et cesser d’être l’esclave de ce que votre esprit vous ordonne de faire.

4. La meilleure façon de vous débarrasser du TOC, c’est de vous retenir de faire vos compulsions

Un traitement efficace contre le TOC est, avec l’aide d’un thérapeute, de vous mettre dans des situations qui activeront vos obsessions et votre anxiété—par exemple vous salir les mains si vous craignez la contamination—et résister à l’envie de vous les laver jusqu’à ce que votre anxiété diminue. Cependant, et bien que cette méthode fonctionne, elle peut sembler d’un abord trop difficile. Et elle peut engendrer une autre difficulté : essayer de ne pas faire quelque chose peut se traduire par une envie encore plus forte de le faire. Nous croyons (et nos recherches le suggèrent) qu’il peut être plus efficace d’apprendre à choisir d’agir vous approcher des personnes et des choses qui sont les plus importantes pour vous, plutôt que de chercher à vous retenir de faire quelque chose, comme vos compulsions. Il ne s’agirait plus tant de vaincre vos compulsions ou de vous débarrasser de votre anxiété et de vos obsession, mais de vous approcher d’une vie plus riche de sens, et en phase avec vos valeurs. Et à mesure que vous vous approchez d’une telle vie, vous ferez l’expérience que vous pourrez graduellement remplacer vos compulsions par des actions visant à vous approcher des personnes et des choses importantes pour vous.

5. Vous êtes votre TOC

Vous n’êtes pas votre TOC. Vous souffrez d’obsessions et d’anxiété. Parmi toutes les actions que vous faites, certaines sont des compulsions. Ces compulsions font partie de votre vécu et de vos comportements, mais elles ne font pas partie de votre être. De même, si vous faites l’expérience d’obsessions et vivez de l’anxiété, vous n’êtes ni vos obsessions ni votre anxiété. Vous êtes beaucoup plus que cela. Vous avez des valeurs. Il y a des personnes, des relations et certains domaines de vie qui ont de l’importance pour vous. Les identifier et les garder à l’esprit peut vous aider à choisir les actions qui vous aideront à créer une vie plus riche de sens. La thérapie d’acceptation et d’engagement se centre sur les personnes et les choses qui comptent le plus pour vous pour mieux vous apprendre à accueillir avec bienveillance toutes vos pensées et émotions, et à choisir parmi vos actions celles qui peuvent efficacement vous approcher de ce qui a le plus de valeur dans votre vie.